29.06.2011
Stop police brutality
L'information a été relayée par les médias internationaux et vous y trouverez sûrement des informations plus complètes que ce que je vais vous dire ici, mais le soir des élections, le 5 juin 2011, un jeune homme de 22 ans, Martin Neskoski, a été frappé à mort par la police, pour des raisons inconnues, sur la place principale. Sa mort a tenté d'être masquée par le gouvernement, jusqu'à être révélée le jour suivant sur twitter. Depuis, et chaque jour jusqu'à samedi dernier, le 25 juin, se sont organisés des mouvements de protestations, spontanés, réunissant des "citoyens" avec une volonté affichée de n'être affilié à aucun parti, quoique les médias tentent de véhiculer. Débats, AG, défilés, sitin devant le gouvernement, concerts... Le mouvement rassemblait qqs centaines de gens par jour à part lors de 2 journées où leur nombre a atteint les 4 ou 5000, il me semble. C'est historique pour la macédoine, la 1ere fois qu'un mouvement populaire de la sorte a lieu.. Le gouvernement n'a pas l'air de beaucoup bougé. Le mouvement est maintenant suspendu ; entre ceux qui veulent reprendre à la rentrée, ceux qui souhaitent mener une sorte de guérilla et ceux qui veulent continuer...
Je vous mets le lien d'une petite vidéo que j'ai prise avec mon portable. C'était lors de la manif du 11 juin, 1ere fois que le défilé est allé dans carsija, criant en albanais.
http://www.youtube.com/watch?v=3lTDR4f4HR0
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Mon SVE : 2e bilan - les projets
Alors comme dans mon précédent post, je me suis un peu laissée emporter, c'était pas volontaire, dans celui-là, je vais parler des projets. Je suis désolée si c'est un peu chiant et indigeste, mais comme la 1ere lectrice de ce blog sera moi dans qqs mois ou qqs années, c'est forcé que qqs posts tournent au dialogue intérieur.
1ere phase : arrivée de l'aéroport, vendredi soir. On me dépose à la maison puis c'est "à lundi dans l'office'. Et le lundi dans l'office, on me file un ticket de bus, une carte sim et on m'explique que mes projets commenceront plus tard. "Bonne journée!". Là, je comprends, qu'effectivement, on me laissera le champ libre pour le dire de manière positive. Mais j'ai encore un peu d'espoir. Mais d'abord, le temps de la découverte, j'accepte tout ce qui vient.
Alors je vais une fois au centre pour rroms de Sutka. Ca me plaît, mais en même temps, on me propose de travailler dans une école maternelle francophone. Et là, osant pas dire non, ni imposer mes conditions, ben j'accepte tout et je me retrouve plus ou moins aide maternelle, main-d'oeuvre gratuite. C'est pas horrible, mais c'est pas vraiment ce que je suis venue faire en macédoine, travailler dans une école privée pour "gosses de riches". Et puis, comme toujours, quand faut travailler de 9 à 15h, on pense à tout ce qu'on ferait si on n'avait pas à faire tout ça. Alors au bout de 2 semaines et demi -avec d'autres raisons qui s'ajoutent à ça, venue de mon copain allemand, démission de l'instit, parce que "les directrices sont des salopes qui veulent s'en mettre plein les poches", je lâche l'affaire.
Première semaine de vacances, à thessalonique, 1ere pause. En rentrant, on passe une nuit dans le refuge qui est à côté de la croix, au vodno, et en revenant, 2 nouveaux volontaires, Zbyszek et Aga sont arrivés. Puis blandine.
Entre temps, Sinisa, censé être coordinateur des projets avec les enfants était rentrés et j'avais commencé à le suivre sur ses projets à SOS village d'enfants : jeux et animation box.
2e phase : Je me rends assez vite compte que ma présence à SOS est relativement inutile car à part faire de la figuration.. Alors ne tient qu'à moi de m'imposer, imposer mes idées, mais en fait, je suis pas à l'aise, on est déjà trop. Alors j'abandonne - 2e abandon en moins de 2 mois, l'histoire de mon SVE commence.
Alors je me lance dans le journal, VOICES. Au programme, de grandes rénovations, de grandes ambitions. Au menu, des réunions informelles à la maison avec les autres volontaires, convoquer des personnes de l'extérieur, trouver de nouveaux volontaires locaux, se lancer dans le design, apprendre InDesign, se taper le tutoriel video, rédiger des CR, établir des stratégies de rénovation, lancer une version on-line du magazine, traîner à fonds sur internet pour trouver des exemples. Bref, pas mal d'énergie dépensée... Pour pas grand chose, mais ça je le regrette pas, je regrette juste de pas être allée au bout de mes ambitions. Mais c'est sûr que travailler avec des gens qu'on a pas choisis et ne pas être coordonnés, ça peut pas trop marcher. J'aurais au moins appris ça, pour qu'une équipe fonctionne, il faut responsabiliser chacun, qu'il ait des tâches et un rôle défini, qu'il se sente utile, écouté, et qu'il y ait une hiérarchie, qqun qui coordonne et a une vue d'ensemble.
Deuxième break : on-arrival training à Sarajevo. Mais ça y est, je suis regonflée à bloc!
3e phase : A nouveau beaucoup d'énergie dépensée dans le magazine, même si les résultats concrets se font attendre. En parallèle, nous avons lancé avec blandine des ateliers de langue française basée sur des activités ludiques et artistico-créatives au jardin d'enfants francophone. On y va 2 fois 1 heure par semaine. C'est un truc qui marche, dont on voit les résultats rapidement et concrètement alors on continue. Les enfants sont mignons, ils nous aiment bien et on peut tester les jeux et les activités qu'on fera avec les enfants roms d'avtoko. Seulement, on s'est jamais trop investis dans le truc. On s'est toujours dit qu'il fallait qu'on trouve des ateliers avec plus d'ambitions, étalés sur plusieurs séances, et à part une animation box avec sinisa, ça a jamais été le cas. Mais au moins, c'est une activité qu'on a réussi à mener jusqu'au bout - une des rares, où on a réussi à se faire une place, à collaborer avec les maîtresses et à se débarasser de la chiantise des directrices.
Et comme je l'ai mentionné, en parallèle, une fois par semaine, on allait avec Aga et Blandine au centre pour enfants rroms d'Avtokomanda. On a tenu 2 mois, et puis c'est tombé à l'eau. Aga et Blandine se sont désintéressées, moi j'ai pas su les remotiver, ni me motiver pour trouver qqun d'autre ou y aller seule. Chaque séance se déroulait un peu de la même manière : des jeux, "energizers", puis une activité créative type chanson, dessin, coloriage etc. Puis un jeu pour finir. 1h30 et on était crevées pour le reste de la journée. Parce qu'on a jamais appris à travailler avec des enfants 'en difficulté', mais ça, ça s'apprend, mais pas seule, un minimum d'encadrement aurait été la bienvenue. Mais sinisa et son grand sens des responsabilités s'en foutait et les pédagogues du centre, débordées et épuisées, étaient tellement ravies de pouvoir se faire une pause café tranquille pendant que 3 volontaires surveillaient leurs enfants qu'on osait pas les déranger. Bilan : j'aurais aimé continuer et ça a été mon grand regret. Pourquoi j'ai pas continué, ben, je sais pas et pour le coup, c'est ma faute, parce qu'élise et léna ont continué jusqu'à la fin à aller dans un autre centre pour enfants rroms, à Sutka - la municipalité rrom- où les pédagogues travaillaient vraiment avec elles et ça marchait bien. Pour nous, les séances avaient à la fois leur moment extrêmement valorisateurs : quand on réussisait à capter leur attention, à leur faire faire créer qqch, à les amuser. Et puis, des moments plus chiants, où on les perdait carrément, où ils se mettaient à se taper dessus, où c'était la foire absolue dans le groupe. Et l'autorité, ça a jamais été mon truc, même si parfois, il faut..
Bref, ça a continué jusqu'en février, puis on a arrêté. J'ai essayé de recommencer, en allant à Sutka 2 fois avec elise et léna, mais je sais pas pourquoi, j'ai jamais continué.
Ah oui, et que j'oublie pas l'évènement 5 décembre, journée internationale du volontariat. Avec blo, on avait rédigé un projet ateliers culinaires, servant d'excuses pour des rencontres interculturelles, axées autour de la découverte d'autres cultures et du volontariat, en particulier du programme Jeunesse en Action. Je sais pas trop où cette proposition est partie, elle est probablement toujours stockée qq part sur l'ordinateur de notre coordinateur. Celui-ci, justement, arrêtait pas de couper court à toutes nos propositions, arguant "qu'il avait les choses en main, qu'on aurait rien à préparer". La proposition finale, c'était de se joindre à CreACTive, une autre asso, qui organisait un évènement dans le grand centre commercial de skopje. Alors le jour J, très frais parce que le lendemain du concert de Manu Chao, on se pointe à l'heure dite, et là, pas de traces du coordinateur ni de ce qu'il était censé avoir préparé. On demande à CreACTive, ils ne sont pas au courant qu'on était censés faire un truc avec eux. Après nombreux coups de fils, on reçoit un texto du dit coordinateur 'désolé, j'ai dû m'absenter d'urgences pour des raisons familiales, mais profitez bien des festivités! :)' Exemple parfait du professionalisme de ce bonhomme et de toute l'asso en général.
Winter break : retour en france une petite semaine, c'est très bizarre, j'ai l'impression après 24h de n'être jamais partie. Pourtant les choses ont changé, mes potes de médecine sont plongés dans leur externat et beaucoup d'autres sont partis dans d'autres villes de france. Je me rends compte que ma vie, cette année, c'est skopje et finalement, j'ai pas envie de rentrer. Je serai heureuse de rentrer, quand ce sera la fin, commencer qqch qui durera plus d'un an, apprendre un métier, avoir mon chez moi, être en terrain et culture connus.. Mais pour le moment, c'est trop tôt. Alors je suis contente de retrouver mon petit skopje. Et on voyage qqs jours autour de la macédoine avec Sofia, Tomas, Blo et Zbyszek, ça me plaît beaucoup. La macédoine est décidément un pays magnifique. Ohrid - Bitola - Prilep/Treskavec.
4e phase : C'est vers cette période là que l'incident "design" a eu lieu - je romance volontairement parce qu'avec le recul, ça me paraît un peu con comme histoire. Tout a commencé quand on décide avec Zb et Blo de faire le design ensemble, tous les 3. Sauf que blo et moi, on part en vacances alors que Zb reste à skopje, s'emmerde, et fait tout le design du magazine tout seul. On le trouve moche, on lui reproche de pas nous avoir prévenu qu'il comptait le faire seul, sur quoi il nous répond qu'on a qu'à en faire. Sur ce, une escaladation de petites tensions de merde, mêlant vie privée, "professionnelle", quiproquos, "différences culturelles". Bref, je pense que ça a été l'élément déclencheur de mon détachement de voices, ne cessant de me répéter 'à quoi bon" et accumulant les frustrations. Alors je continuais d'y participer, certes, mais toutes les ambitions que je pouvais avoir étaient retombées. Fallait transférer cet enthousiasme qq part d'autre.
Je sais plus exactement ce que j'ai fait dans cette période 'janvier/février'. Sans doute alterné entre voices, avtokomanda et francophone. Plus elise est arrivée et avec blo, on s'est mis en tête de la mentorer. Alors grandes discussions, on établit une feuille de route, un learning plan, des bilans, des évaluations régulières.. Et un accueil digne de ce nom. Finalement, je transférais ce qu'à moi, il m'avait manqué.
Voyage en Italie, pendant 2 semaines.
5e phase : Mars- miavril, c'est une période un peu floue dans ma tête, qui a pas dû être hyper active. C'est le temps des départs - portugais, karola, agris. Et des nouvelles arrivées, les Suédoises Emma et Tilda, qui sont sur le projet SOS village d'enfants. Sofia, la finnoise. Et léna emménage à la maison. Enchaînement de soirées à la maison, entre mon anniversaire, les différentes soirées d'adieu etc. Et côté projet, c'est toujours voices, avec plus ou moins d'enthousiasme, et francophone.
Grand break : mid-term training à belgrade, suivi de notre tour des balkans, se terminant à bar.
Mois de mai : caractérisé par un regain d'enthousiasme pour voices. Je prends plaisir à faire des articles un peu 'sérieux', en allant interviewé des gens, tâchant de faire un travail un peu plus en profondeur. Et puis, trouver et travailler avec des volontaires locaux, coordonner tout ce petit monde.
Le francophone continue pépouze, j'y vais qqs fois seule parce que blo est occupée par d'autres projets, mais finalement, ça marche bien. Et surtout, le youth exchange. Idée qui avait germé dans la tête de Léna pendant le carnaval de Vevcani, et si on faisait un film sans paroles, où tout le monde danserait? Ce serait l'histoire d'un personnage qui arriverait dans un pays nouveau. Les gens n'y danseraient pas comme lui, alors au début, il est émerveillé, puis frustré, d'être incompris et de ne pas comprendre. Alors il déprime. Puis il s'adapte et les gens autour de lui aussi alors ça fait des mélanges de chorés, puis il est triste parce qu'il doit rentrer. Bref, un film un peu métaphorique sur le dialogue interculturel et l'adaptation culturelle. L'échange rassemblera(it) 25 participants, de France, Roumanie, Slovaquie et Portugal. L'asso d'accueil, en France est basée à Redon. On a tout fait, écrit le projet, trouvé des partenaires, réfléchir à comment les impliquer blablabla. Et une semaine avant la deadline, l'asso de Redon nous informe qu'il y a eu un malentendu, qu'elle n'avait pas compris que nous attendions d'elle qu'elle porte le projet et qu'elle dépose le dossier de demande de subvention. Or comme c'est leur 1er échange, ils veulent le faire bien. Donc ils ont besoin de plus de temps. L'échange que nous aurions voulu implanter en septembre 2011 aura en fait lieu en juin 2012...
Aussi, le reportage/vidéo promotionnelle du SVE. Tout a commencé par cette proposition de bourse du gouvernement tchèque. Alors il fallait écrire des projets, on en a écrit 2, un a fini je ne sais où et l'autre, c'est faire une sorte de vidéo promotionnelle sur le SVE parce que celles qui circulent sur internet son tpeu satisfaisantes à notre goût. Et à partir de cette vidéo, organiser des ateliers d'informations sur le PEJA, en particulier le SVE, et de réflexion, de rencontres interculturelles etc. Alors on a tourné des trucs, et puis, tout est un peu parti en sucette : des problèmes de communication avec l'asso, entre nous, manque d'organisation etc. Bref, on s'est retrouvé à boucler le film - blandine l'a fait en fait, qui ne nous satisfait pas du tout. Et à ne jamais organiser ces réunions d'informations...
Mois de juin : le semi-échec du youth exchange entame un peu mon enthousiasme, l'impression de pas être suivie dans l'élan voices aussi. Le franco, ça continue doucement. Et le reportage, ça retombe un peu aussi, pour des raisons que je n'ai pas encore élucidées.
Et en fait, tout s'accumule, les frustrations, les émotions - la tristesse liée au départ de tout le monde, l'éloignement par rapport à la france, blablabla. Alors d'abord, je suis remontée contre l'asso et beaucoup d'autres choses. Mais j'essaie de relancer des choses nouvelles : organiser un atelier théâtre en colloboration avec le centre culturel français, organiser des cours de français dans une asso rom, organiser des ateliers sur le dialogue interculturel auprès de lycéens avec AIESEC. Et puis, ça aussi, ça retombe. Et je laisse tomber tout ce qui est 'projets', manque total de pugnacité, le temps passe et tout ce que je fais, c'est traîner dans la ville, me promener, prendre des cafés, traîner dans le parc, profiter des différents évènements - bob marley day, concert humanitaire dans le parc avec notamment foltin, buskerfest, profiter des short terms volontaires, halluciner devant la campagne pré-électorale, essayer de comprendre en interrogeant tout le monde, traîner aux manifs etc. Ce qui est tout à fait agréable soit dit en passant. Aussi, je donne des cours particuliers à la fille de l'ambassadeur d'Autriche, qui en plus d'être inscrite à l'école anglaise ici, suit une 3e française par le CNED. Alors je l'aide en maths, physique/chimie, français - c'est élise qui prendra le relais pour cette matière, techno et SVT. La fille a 13 ans, elle est du genre ado mal dans sa peau, insomniaque, elle s'endort tout le temps, parle très doucement, est très lente. Et derrière, la mère pousse pour que les devoirs soient rendus à temps et qu'ils soient bien sûr sans fautes.. Mais bon, c'était rigolo! - et bien payé.
Et puis, tout ça aussi, ça retombe et je me retrouve à perdre un peu tout intérêt pour tout et à préférer rester dans ma chambre, avoir la flemme de faire quoi que ce soit, même voir des gens. Alors bien sûr, c'est plus un sentiment, une nouvelle perspective, qu'une réalité, parce que je continue à sortir, voir des gens et tout. Mais je manque un peu d'enthousiasme. Et là, je suis toujours bloquée dans cette phase-là. A suivre... :p Je vais partir voyager..
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Mon SVE : 1er bilan - un peu amer...
Voilà, mon SVE touche bientôt à sa fin, en fait, c'est dans 1 mois et demi, alors vous me direz, c'est pas tout de suite, mais y'a comme une ambiance de fin.. Et c'est sûrement mes derniers moments à skopje, vu que cet été, je vais sans doute voyager, je ne sais pas trop où, quoi, ni comment encore, mais on verra.
Si on résume, je m'appelle Sophie, à 20 ans, j'avais fini ma 3e année de médecine, en Erasmus à Berlin. Je me suis dit, en écoutant le récit de tous ces allemands qui avaient vécu des expériences à l'étranger, pourquoi pas, à mon tour, partir. Après tout, revenir maintenant pour passer 3 ans à préparer l'externat, y'avait pas à se presser. Comment je suis tombée sur le SVE, je sais plus. Comment j'ai choisi mon projet et ma destination, je sais plus non plus. Quant à mes attentes, ben je sais plus.. Ce que je sais, c'est que je voulais surtout voyager, je voulais pas d'un projet trop "dur", genre 6h par jour dans une maison de retraite, ou un centre pour enfants handicapés mentaux ou je ne sais quoi d'autre. Et je voulais être dans un endroit pas trop petit, me disant que si mon projet était nul, j'aurais toujours qqch à faire. Et j'ai contacté les anciens volontaires, qui avaient pas une trop mauvaise opinion de VCS.
Voilà comment je me suis retrouvée en macédoine, à skopje, dans l'asso VCS, centre des volontaires de skopje. Au programme, un magazine mensuel et gratuit pour et avec les jeunes de skopje + des activités avec les enfants roms + projets personnels. On m'avait prévenue, l'encadrement est pas très fort, beaucoup repose sur toi, ton sens des initiatives, ton autonomie etc. A l'époque, ça me faisait pas peur, voire ça me plaisait. LEs horaires de travail, tout ça, ça me paraissait trop contraignant.
Mais après 9 mois, je suis un peu lasse et carrément frustrée de cette asso formée par 3 crétins qui cherchent justent à extirper le plus d'argent possible de la Commission européenne. En bref : les volontaires se suivent, tout le monde s'en fout d'eux, ils sont parqués dans la maison et on s'apercevra même pas s'ils en sortent pas pendant 15 jours. Alors certes, on leur donne parfois des "passe-temps", genre aller une fois par semaine pendant 1h30 dans un centre pour enfants rroms. Ca, c'est bien, mais un minimum d'encadrement et de feed-back, montrer de l'intérêt pour ses volontaires, les encourager, c'est quand même le BA-ba, et ça, y'a pas. A la place, c'est une perte de temps, d'argent, et de compétences humaines. C'est du gâchis et je pourrais multiplier les exemples.
Alors certes, tout n'est pas perdu. Un des objectifs de la commission européenne, c'est développer l'esprit européen chez les jeunes - et quoi de mieux que de créer une colloc géante d'Européens. Et forcément, habiter dans un nouveau pays, une nouvelle culture, loin de la sienne, de ses parents, tout ça, ça forge son homme. Et développer - quand bien même ils foirent tous, des projets, ça apprend aussi. Mais je peux pas m'empêcher de penser, qu'est-ce que j'en aurais plus profité si j'avais eu effectivement qqch à faire et pas si je m'étais démenée pour trouver des "occupations". Si tout le monde avait été épanoui dans son activité de volontariat, que les interactions entre les différents collocs auraient été plus intéressantes et enrichissantes. Parce que quand les gens s'emmerdent et restent enfermés dans leur chambre, on n'avance pas trop.
Et qu'on aille pas me dire que c'est ça l'autonomie, que dans la vie, on vous apportera pas tout sur un plateau, c'est tout mélanger. Autonome, indépendant, esprit d'initiative et de créativitié, je suis sans doute pas très claire, mais pour moi, ça ne s'exprime que dans un cadre!
Et pour couronner le tout, l'asso enchaîne les youth exchange et les trainings - surtout ces derniers parce qu'ils rapportent plus, rassemblant plus ou moins toujours les mêmes gens (en fait, ça marche comme ça : d'abord tu contribues au journal, forme d'introduction à notre asso, puis en échange on t'enverra en youth exchange, ce qui veut dire une semaine de vacances et d'éclat tous frais payés.. Puis, si tu persévères, tu seras mentor d'un ou plusieurs volontaires - mais on t'expliquera pas ton rôle alors à moins que t'aies de la jujotte, ce qui est loin d'être le cas de nos mentors, ce que tu feras, c'est venir aux soirées organisées par tes mentorées. On a 2 mentors, l'un a beaucoup trop de problèmes avec lui-même pour être capable d'encadrer qqun d'autre, et l'autre ne sait parler que de montagnes et d'astronomie. Ils sont tous les 2 très gentils hein, ça fait pas de doute, mais j'avais d'autres attentes par rapport à eux. Et bien sûr, ça me dérangerait pas qu'ils soient un peu absents s'il y avait qqun d'autre pour nous encadrer, mais dans la mesure où tout le monde s'en fout... Je reviens à mon 1er discours. Après être mentor, tu peux accéder au rôle de coordinateur de projet, ce qui veut dire que tu seras payé. On attendra pas tellement plus de toi, tant que du rapportes des sous dans les caisses. Que ton projet marche ou soit complètement bidon, ça, ça importe assez peu. Ah oui, l'étape intermédiaire entre mentor et salarié, c'est que tu dois rédiger des projets - action 1.1, action 3.1, 4.3, tout ça... En d'autres termes, youth exchange, trainings, study visit.. Parce que pour chacun de ses projets, de l'argent sera versée à l'asso.
Alors que ceux qui travaillent dans cette asso essaient d'en faire une source de revenus, soit, que y'ait des "détournements" de fonds mineurs, genre utiliser l'argent destiné à l'hébergement pour les activités des volontaires, parce que le montant versé est plus élevé que le loyer, certes.. Mais de là à en abuser carrément. Et puis, tout irait bien s'ils montraient un quelconque intérêt pour les volontaires et si on avait qqch à faire. Après tout, on en demande pas tant et on se tiendrait tranquilles dans notre coin.. Mais à la place, non. Moralité, bénéfices minimes pour les volontaires et bénéfices minimes pour la communauté locale.
Je tiens à terminer ce discours sur une petite mise au point : je ne regrette pas d'être partie et mon expérience ici a aussi été pleine de bons côtés - dont je parlerai une autre fois ;) + je ne nie pas du tout ma responsabilité : j'aurais pû - et dû, en faire beaucoup plus, je ne chercher pas à remettre la faut sur les autres. D'ailleurs je ne cherche pas à savoir la faut à qui blablabla, j'analyse simplement mon expérience. Et je souhaite informer les futurs volontaires, en souhaitant qu'ils sachent prendre tout ce qui a été écrit précédemment avec le recul et l'esprit critique nécessaire. Chacun sait mieux ce qui est bon pour soi. Mais quand même, ne partez pas à vcs :)
D'ailleurs, si vous êtes un futur volontaire ou si le SVE vous intéresse, hésitez pas à me contacter : miniyouyou@hotmail.com !!
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